08 février 2006
Le parchemin...
Je déroulais le parchemin retenu par un lien et je découvris un dessin qui me parla de prime abord, d'une étoile, d'un centre et d'un ressort. Ce dessin était-il fait à dessein ? C'est ce que me dit mon instinct. Il était vital, il contenait le sens de ma vie et il me faudrait la durée de cette vie pour interpréter ce dessin. Comment parcourir ce chemin, sinueux et en spirale ? Au centre, mes yeux étaient attirés par un tipi, couleur ocre, couleur de la terre. Ce tipi se trouvait-il au centre de la terre ?
Quel est le ressort de ta vie ?
Quel est le centre de ta vie ?
Quelle est l'étoile de ta vie ?
Je levais les yeux vers les cieux et j'interrogeais l'étoile.
"Cherche le ressort, c'est lui qui te mènera en ce lieu. Ne te préoccupe pas des réponses, promène toi en faisant résonner les questions."
C'est ainsi qu'un bon matin, voyageuse immobile et nomade, je suis partie à la découverte de moi et de l'univers.
09 février 2006
Une énigme...(suite)
Ma photo m'a été présentée en hauteur !
En fait, elle a été prise en largeur...
Un paysage de bord de lac au Québec et son reflet...pris à bord d'une barque.
Une énigme...
Une photo...d'un Totem ? Animal ? Végétal ?
Lorsque je suis allée chercher mes photos, j'ai cru à une farce d'un extraterrestre !
18 février 2006
Mystérieux Machu Picchu…
Livre source : « Les Incas, peuple du Soleil » de Carmen Bernand
Découvertes Gallimard
« Son relief tourmenté, allié à la végétation très dense qui le cerne, fait de Machu Picchu une sorte d’îlot fermé au monde extérieur, aussi bien de la région de Cuzco que des basses terres, d’où le site est coupé par la gorge du Pongo Moenike, impraticable lors de la saison des pluies. D’où le caractère remarquable de cette implantation urbaine.
Il semble que sa forteresse ait été habitée surtout par des femmes.
En effet, sur 173 squelettes, 13 seulement appartiennent au sexe masculin. Machu Picchu aurait donc été bâtie pour les vierges du Soleil, les « aclla ».
Le père Calancha rapporte d’ailleurs en 1560, que deux augustins qui s’étaient rendus à Vilcabamba sur l’invitation de l’Inca subirent de rudes épreuves destinées à ébranler leur chasteté. Tous les soirs, les Indiens leur envoyaient des femmes pour les tenter, sans succès si l’on en croit le chroniqueur.»
Album photos de Thanna
19 février 2006
De retour du Machu Picchu…
C’était le soir. Un soir sans nuage. Un soir pour une nuit d’encre où brilleraient les étoiles, de la plus grande à la plus petite, de la constellation à la poussière. Une nuit bleue et or. Ce fut aussi une nuit sans lune. Sans reflet.
J’étais dans le train qui revenait du Machu Picchu. Un train bondé, puis un train vide. Je me retrouvais seule dans tout le compartiment. J’ouvrais toutes les fenêtres. La nuit, bleue et or, m’enveloppait de toutes parts. Une nuit d’ivresse. J’étais ivre de beauté et d’allégresse. Le train à crémaillère s’accrochait aux rails et à la terre, dans des allées et venus, des avants et arrières. Je passais et repassais devant la ville. Sous mes yeux, dans un drap d’or s’étendait Cuzco. Dans le ciel, quelques étoiles filaient accompagnées de mes vœux.
Dans les virages, à la tête du train, une lumière rouge semblait me fixer comme l’œil d’un aigle. Je me sentais éternelle. Sur le chemin de mes ancêtres, j’accomplissais mon odyssée…
Album photos de Thanna : L’or de Cuzco
Pérou - Juin 2003
01 mars 2006
Autrefois...dans l'État de Bahia...
La pluie ne s’arrêtait pas et je n’avais pas envie de rester plantée là. Je me dirigeais vers la plage. La mer était déchaînée, moi aussi. J’affrontais le vent violent, la plage sauvage. J’étais seule face aux éléments. Presque seule. La chienne Luna apparut comme par enchantement. Je la caressais et l’embrassais. Des larmes de pluie tombèrent de mon visage sur son pelage. Son regard était doux et reconnaissant.
- Viens Luna ! Elle m’emboîta le pas.
La pluie avait redoublé, je clignais des paupières et Luna trottinait truffe baissée.
Le martèlement des gouttes sur ma peau ouvrit en grand la porte des sensations.
Je chantais, je riais aux éclats. J’ouvris les bras en croix. Je tournoyais en hurlant :
- Merci à la pluie, merci à la vie !
Ce bonheur, je l’ai déjà connu une autre fois.
Autrefois…
Autre époque, même lieu. Qu’était-il arrivé à mes aïeux ?
Thanna, qui étais-tu ? Autrefois, dans cet état de Bahia.
Texte et album photos de Thanna
« La brisa » chez Lola
MARAU - État de Bahia
Juillet 2003
02 mars 2006
Un matin, je suis partie…
Assise sur le sol, je renversais, une à une, les boîtes à chaussures remplies de photos. Des photos triées et étiquetées pendant des années. En un instant, j’y mettais le chaos. Je les mélangeais comme on mélange les ingrédients d’un gâteau pour en faire une pâte onctueuse juste avant de la couler dans un moule. Une grand-mère, une tante, des cousins, un inconnu, une mère, un chat, une petite fille, un chien, une vieille maison, des voisins. Tout était mêlé et entremêlé.
Parmi toutes ces photos, je trouvais une carte, une très vieille carte, on aurait dit la carte de l’île au Trésor. Une carte comme sortie d’une boîte de jeu.
Un matin, je suis partie, sans me retourner, en laissant derrière moi, les photos et le chaos. Je n’étais plus sage comme les visages que j’avais abandonnés, je redevenais sauvage.
J’avais jeté l’ancre, couper les amarres et ôter mes boulets. Ils me poussaient des ailes. Je rentrais au pays. C’étaient des retrouvailles. Ce n’était ni le pays de ma mère, ni le pays de mon père mais le pays qui est au plus profond de moi.
Texte©Thanna
Martin Prechtel
« Les secrets du jaguar »
( Le monde mystérieux des Mayas)
« Il n’existe aucun mot, aucune expression en Tzutuji, qui permette de dire : "je vais quitter la maison" …C’est imbriqué dans la langue. L’action d’aller n’existe pas, elle fait partie de l’action de revenir. »
« … Il faudrait que j’accepte de suivre le chemin jusqu’au bout, de parcourir le labyrinthe, de découvrir ce que j’étais destiné à réaliser… »
« …Chaque Tzutujil démarrait dans la vie comme un amnésique sincère. Il ou elle passait le reste de ses jours à essayer de faire renaître ses souvenirs des autres mondes. Tous voulaient se rappeler suffisamment de choses pour servir au mieux le village et la Terre Fruit. Ils pouvaient ensuite apporter leur aide aux nouveaux amnésiques. »
22 avril 2006
Ce soir, j’ai pris mon sac…
C’est un petit sac à dos, vieilli et défraîchi, mais un sac d’alchimiste, un sac magique, un vrai trésor ! Avec un sac comme celui-là je peux partir à tout moment, pour n’importe où et même nulle part… Je le remplis d’images, de nuages, de rêves, de souhaits, de sentiments, de solitude, d’amitié, d’authenticité, d’aventures et d’offrandes… Pour le désert, je le remplis d’écume et de rosée. Pour le plat pays, une falaise. Pour un pays chaud, le froid et une cheminée. Pour un pays d’ombre, la lumière. Pour un pays de misère, l’abondance. Pour un pays en guerre, la paix.
Tout cela je le dois à l’Odyssée et au Petit Prince qui ont nourri mon enfance…
Depuis de nombreux compagnons de route ont croisé la mienne, illustres inconnus ou connus illustres…
Ce soir, j’ai pris mon sac avec une telle envie d’évasion…
J’hésite entre 50 destinations…
Embarquement immédiat pour la nuit…
01 juin 2006
Mes chaussures du désert…
Ce matin temps gris. Froid et pluie.
Mes chaussures noires, encore !
Zut, le lacet craque…
Il ne me reste que mes chaussures du désert pour prendre le chemin de la gare.
Sur le quai, une affiche… « La Passion du Désert » !
Et si je répondais à l’appel du désert ?...
07 juin 2006
Manuscrits de Chinguetti...
« Drap Etendu de Sable Etincelant Roulé par le Temps. » Thanna
Progressivement envahie par les sables, les dunes, déjà, ont eu raison de l'ancienne cité enterrée à cinq kilomètres. "Ici, le sable est plus fort que l'homme", Chinguetti, la "septième ville sainte de l’islam", était le carrefour des caravanes circulant entre l'Afrique de l'Ouest, le Maghreb, au croisement des civilisations andalouse et africaine, et sur le chemin des pèlerins qui poursuivaient leur voyage à la Mecque.
Ses nomades contraints de faire halte gardent jalousement un trésor hérité du Moyen Age, des manuscrits savants de religion, d'astronomie, de médecine, de poésie, de droit, de grammaire, des recueils d'actes notariés... transportés de génération en génération et pendant des siècles à dos de dromadaire.
Les familles, simplement, entreposent dans une pièce de leur case leur bibliothèque, comme elles l'appellent, refusant de la céder à une quelconque institution, fût-elle mauritanienne. Pas seulement parce qu'il y eut des vols... Elles désignent un de leurs descendants pour veiller sur leur trésor. Dans les années 30, le savant Théodore Monod découvrit l'existence de ces "bibliothèques" au fil de ses randonnées caravanières qui l'amenèrent dans les "villes anciennes " de l'Adrar, Chinguetti, mais aussi Ouadane, Tichitt, Boutilimit, Tidjikja et Oualata. L'explorateur tomba amoureux de cette mémoire du désert. Il se lia à ces semi-nomades. Il revint année après année dans leurs demeures, découvrant leur secrète tradition. Le 13 décembre 1998, à plus de quatre-vingt-dix ans, il a fait une halte à la nouvelle auberge Wadane Agweidir d'Ouadane, paraphant le livre d'or à peine commencé.

Femmes et Manuscrits de Chinguetti/Photos©Thanna










