Sur la piste de Thanna...

.... au-delà de ses ancêtres, au-delà de la mémoire, liée à toute l’humanité…

03 octobre 2006

Une vraie nomade...

Le nomadisme est un état d’esprit, une façon de se souvenir de nos origines, de célébrer notre imagination vagabonde.
Le vrai nomade voyage dans sa mémoire, dans l’espace de ses rêves, un lieu étrangement familier, puissamment onirique.

(Griffonné dans mon carnet de notes « Toucan » en octobre 2005)

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06 octobre 2006

Un vrai voyage...

Hier, lors d'une séance d'hypnose, j'ai visité un "lieu idyllique"...

Le vrai voyage se déroule d'abord autour de soi-même et des sentiments qui rebondissent sur le hasard et l'amour...
La parabole est simpliste et exemplaire, elle a pour originalité de se dérouler dans le paysage idyllique du Bhoutan...
Une ballade au pays de la sagesse qui s'arrête sur une légende repart sur une réalité frustre pour dessiner le petit parcours initiatique d'un homme perdu et insatisfait qui trouvera en lui et près de lui ce qui manque à son bonheur.

"Les voyageurs en effet sont des magiciens de l'âme..."

Extrait du texte de présentation du film
"Voyageurs et magiciens"
(recopié en 2004 sur mon carnet "Toucan"

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08 octobre 2006

suite...

toucansuite

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à l'intérieur du carnet "toucan"...

toucanpile

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Mon carnet "toucan"... couverture

Pour faire plaisir à Argile...

toucanface

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13 octobre 2006

Cette réalité que j'ai pourchassée...

Ella Maillart (1903-1997)

Where there is the will, there is the way…
L’impossible recule devant celui qui avance…


Celle que je veux dire, c’est une femme bottée de mouton, gantée de moufles, le teint cuit par l’altitude ou le vent du désert, qui explore des régions inaccessibles avec des Chinois, des Tibétains, des Russes ou des Anglais dont elle reprise les chaussettes, panse les plaies et avec qui elle dort en pleine innocence sous les étoiles et qui écrit :

Je sens que Paris n’est rien, ni la France, ni l’Europe, ni les Blancs.
Une seule chose compte, c’est l’engrenage magnifique qui s’appelle le monde.

Et cette femme-là, c’est Ella Maillart...

Paul Morand


La fin de toutes sciences n’est que de nous apprendre à devenir conscient de l’UNITÉ et du MOUVEMENT qui nous entoure. VOIR c’est le premier pas essentiel. Vous l’avez fait, ce qui vous manque pour franchir le mur que vous sentez devant vous c’est de passer au degré suivant : AIMER..

AIMER LE MONDE

Réponse de Teilhard de Chardin
à la lettre d’Ella Maillart (1937)


À la fin de l’année 1950, dans l’épilogue de Croisières et Caravanes, Ella Maillart écrit :

Je crois que je suis détachée de mon sort…

Elle a quarante-sept ans, une vie de nomadisme derrière elle et peut-être trouvé réponse à la question qui la hante depuis toujours :

Qu'est-ce que la réalité ?
Qu’est-ce qui est important ?


ellamaillart_criture



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19 octobre 2006

Face à face…

faceaface2

Écoutez le feulement du puma...

C’était, il y a… Je compte sur les doigts de mes deux mains et mes deux mains ne suffisent pas.

Tout d’abord, côte à côte, je m’étais dit : « il est grand, j’aime ça ». Lui, il m’avait vu arriver, il s’était approché et s’était mis à mon côté droit. Il m’a parlée et comme depuis six mois, sa voix m’a emportée, transportée vers un ailleurs. Nos pas se sont accordés, j’ai allongé les miens, les siens se sont faits plus petits. Nous avons traversé le jardin du Luxembourg.
Face à face, la table était étroite. Il avait choisi le restaurant, pas très loin de l’Odéon. Un restaurant vietnamien. Il me racontait son enfance au Vietnam. À neuf ans, il enjambait des cadavres. Mais là, devant moi, il souriait à l’amour naissant, à la vie.
Il m’avait dit : « Prends ça ! » et je n’avais pas hésité.
Face à face, nous avons dégusté ce plat original. Nous mangions avec les doigts un plat de moules à la citronnelle. Ce mets évoquait, par son exotisme, sa sensualité et son piquant, ce que nous allions vivre. Excellent et surprenant !
Face à face, pour la première fois, nous nous savourions des yeux. Nous nous connaissions depuis plusieurs mois. À distance, par nos voix. 
Un peu plus tard dans la journée nous nous sommes trouvés corps à corps...

Texte©thanna

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24 octobre 2006

Sama Guitare...

À Lady Domi, à Farid…
À tous les amoureux, les passionnés, les voyageurs…
À toutes les musiques du monde…
Tous au chant du griot…pour écouter El Hadj N'Diaye...

Ma guitare…

Mon xalam (petit luth)
Ma guitare
Oh ! tu me plais
Je t’aime.
Tu es celle
Qui ne me quittera jamais
À moins que je ne parte
Seule la mort pourrait nous séparer
Au cœur de la nuit froide
Lorsque tu romps ma solitude
Et que je caresse tes cordes
Tu sais bien que c’est toi mon amour…

Depuis de nombreuses lunes, je cherche comment partager avec vous un instant sublime, un réel envoûtement…
Ce soir, je m’endors en rêvant que je suis sa guitare !...

Djiere dieuf
merci en wolof

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29 octobre 2006

Le sourire de l'enfant de Cuzco...

Les enfants trouvent tout dans rien,
les hommes ne trouvent rien dans tout.
Giacomo Lepopardi

Il était une fois… Quelques jours après la fête de l’Inti Raymi, fête du Soleil, la place des Armes à Cuzco, était déserte. Je la traversai et je me dirigeai vers les arcades, à gauche de la Cathédrale. J’entrai dans le café Allyu, je commandai un chocolat et un sablé «lunettes» à la confiture. Un goûter de convalescente après el soroche ou mal des montagnes et ma réaction au vaccin de la fièvre jaune qui m’avaient affaiblie.
Ce café Allyu est au centre de Cuzco, Qosqo en quechua, ce qui veut dire «nombril du monde». Du centre de la Terre, du plus profond de moi, je donnais des nouvelles à ma famille d’âme, de cœur et de sang, à mon «Allyu». Dans ce lieu insolite, je savourais mon chocolat viennois comme la valse, de Johann Strauss, diffusée en sourdine. J’étais venue là pour écrire mes cartes postales avant de partir pour le Brésil. J’ouvris mon carnet et je commençai à recopier les adresses sur les enveloppes. Je levai la tête.
De l’autre côté de la vitre, un enfant, de 7 à 8 ans, m’observait, attentif au moindre de mes gestes. Un enfant des rues, un enfant en haillons. Mon cœur étreint par l’émotion résonnait dans ma poitrine. Mes jambes se levèrent d’un bond. Au comptoir, j’achetai le même sablé pour l’offrir à l’enfant. Il le prit dans ses mains comme un trésor et s’éloigna aussitôt. Il était si farouche que je n’avais pas osé lui demander son prénom. Je repris ma place et mon écriture en ne pensant qu’à lui. Je collais des jolis timbres sur les enveloppes.
Il était de nouveau près de moi, de l’autre côté de la vitre. Cette fois, il me regarda droit dans les yeux et son visage s’éclaira d’un immense sourire généreux. Je rangeai précipitamment mes affaires pour le rejoindre. Un serveur me devança pour le chasser.
Sur le pas de la porte, mon regard balaya à la ronde, plusieurs fois les alentours. L’enfant avait disparu. Je marchais lentement, je me retournais de nombreuses fois, je traversais la place dans tous les sens et je restais à l'attendre assise sur un banc de la place.
Je suis revenue le lendemain et le jour d’après…
Je ne l’ai plus jamais revu. Longtemps, je m’en suis voulu d’avoir si peu offert et tant reçu...
Mon amie péruvienne, Jovita, a versé un baume sur mon cœur en me disant que l’enfant avait reçu plus qu’un gâteau, l’amour et le respect dans l’échange, qu’il avait su les reconnaître. Cet instant de communion est resté si profondément gravé en moi qu’il m’accompagnera jusqu’à mon dernier souffle. Je sais que cet enfant sortira de la misère et de la rue, aidé par d’autres mais surtout par lui-même, car dans son sourire et dans ses yeux j’y ai lu l’ESPOIR.

©Thanna

Bientôt, aura lieu la 3e édition du Festival du cinéma péruvien à Paris, du 15 au 21 novembre. Festival créé et organisé par mon amie Jovita Maeder et l’association Pérou Pacha. Rendez-vous ici pour le programme des projections… ou si vous souhaitez être adhérent (e) de l’association pour  rejoindre les Amis du festival Sur les traces du cinéma péruvien et recevoir en retour invitations, à la soirée d’ouverture, à celle de la remise de prix, à des ateliers, à des rencontres…

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