01 juin 2006
Mes chaussures du désert…
Ce matin temps gris. Froid et pluie.
Mes chaussures noires, encore !
Zut, le lacet craque…
Il ne me reste que mes chaussures du désert pour prendre le chemin de la gare.
Sur le quai, une affiche… « La Passion du Désert » !
Et si je répondais à l’appel du désert ?...
02 juin 2006
Argile rouge et le renard…
"- Qui es-tu ? dit le petit prince*. Tu es bien joli…
- Je suis un renard, dit le renard
- Viens jouer avec moi, lui propose le petit prince*. Je suis tellement triste…
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé."
Antoine de Saint-Exupéry
Le Petit Prince
Extrait
*Le rôle du Petit prince est interprété par Argile rouge dont vous apercevez l’ombre de sa silhouette dans le désert lors de sa rencontre avec l’âne précédant celle avec le renard !...
photos@thanna
06 juin 2006
Le renard… Le Fennec… Animal Totem
Le symbolisme du renard s’avère important et très varié selon les civilisations.
Pour la sagesse africaine, le renard incarne les contradictions inhérentes à la nature humaine : il est actif, inventif… et en même temps destructeur, audacieux; on le sait craintif, inquiet et rusé… mais désinvolte. Réfléchissant, comme un miroir les ambivalences de l’homme, le renard se présente comme un double de la conscience humaine ; il révèle à l’individu ses pensées les plus intimes, ses plus profonds désirs et lui fait prendre conscience de la responsabilité de ses actes.
L’aspect le plus important révélé par le renard à l’être humain est lié à son comportement émotionnel. L’individu renard, se protége particulièrement dans le domaine relationnel en se repliant sur lui-même et en se coupant des autres par peur du rejet, du manque d’amour ou de l’abandon.
Renard peut se duper lui-même en se convainquant de son peu d’estime de lui-même qui selon lui dépend du fait qu’il est né ordinaire et qu’il continue de mener une vie ordinaire.
Renard, Animal Totem, vous demande d’apprendre à rester vous-même et à exprimer ce que vous ressentez profondément, quelque soit l’environnement extérieur…à ne plus agir selon ce que vous dicte votre mental, mais à vous mettre à l’écoute de votre cœur et de votre intuition.
La maîtrise émotionnelle s’avère une étape importante de votre évolution. Après transformation, autocréation, votre énergie émotionnelle vous donne la faculté de percevoir la réalité au-delà de l’apparence, de relier l’invisible au visible, le monde spirituel au monde matériel.
Le Fennec… petit renard du désert…
Il vit loin des points d’eau et peut rester de longues périodes sans boire. L’eau est la symbolique du corps astral constitué des désirs, des sentiments et des émotions.
Contrairement à l’individu renard qui projette sa colère sur autrui, l’individu fennec préfère refouler ses émotions plutôt que de les ressentir et de les exprimer.
Le fennec est un animal sédentaire, il vit en couple stable et en famille, pas en groupe.
L’individu Fennec a un désir de stabilité affective, d’amour attachement basé sur une relation stable. Il a de la difficulté à exprimer, à manifester, sentiments et amour.
Très réceptif et perméable aux ambiances, l’individu Fennec doit développer la conscience de soi afin de savoir qui il est réellement.
« Dans un vrai désert, même les chacals ne peuvent survivre ; on n’y trouve que des addax et des fennecs : ces animaux créés par Dieu pour rappeler à l’homme ses propres limites. «
Sidati Ag Scheik
Dans Terre Sauvage, numéro de juin 2006
« Apprivoise-moi » dit le renard
Histoire racontée par Stéphanie Françoise
Photos de Stefano Unterthiner
07 juin 2006
Manuscrits de Chinguetti...
« Drap Etendu de Sable Etincelant Roulé par le Temps. » Thanna
Progressivement envahie par les sables, les dunes, déjà, ont eu raison de l'ancienne cité enterrée à cinq kilomètres. "Ici, le sable est plus fort que l'homme", Chinguetti, la "septième ville sainte de l’islam", était le carrefour des caravanes circulant entre l'Afrique de l'Ouest, le Maghreb, au croisement des civilisations andalouse et africaine, et sur le chemin des pèlerins qui poursuivaient leur voyage à la Mecque.
Ses nomades contraints de faire halte gardent jalousement un trésor hérité du Moyen Age, des manuscrits savants de religion, d'astronomie, de médecine, de poésie, de droit, de grammaire, des recueils d'actes notariés... transportés de génération en génération et pendant des siècles à dos de dromadaire.
Les familles, simplement, entreposent dans une pièce de leur case leur bibliothèque, comme elles l'appellent, refusant de la céder à une quelconque institution, fût-elle mauritanienne. Pas seulement parce qu'il y eut des vols... Elles désignent un de leurs descendants pour veiller sur leur trésor. Dans les années 30, le savant Théodore Monod découvrit l'existence de ces "bibliothèques" au fil de ses randonnées caravanières qui l'amenèrent dans les "villes anciennes " de l'Adrar, Chinguetti, mais aussi Ouadane, Tichitt, Boutilimit, Tidjikja et Oualata. L'explorateur tomba amoureux de cette mémoire du désert. Il se lia à ces semi-nomades. Il revint année après année dans leurs demeures, découvrant leur secrète tradition. Le 13 décembre 1998, à plus de quatre-vingt-dix ans, il a fait une halte à la nouvelle auberge Wadane Agweidir d'Ouadane, paraphant le livre d'or à peine commencé.

Femmes et Manuscrits de Chinguetti/Photos©Thanna
09 juin 2006
L'eau c'est la vie...
une nouvelle porte s'ouvre pour
Ségolène...
" Aman Iman "
L'eau c'est la vie
"Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c'est qu'il cache un puits quelque part..."
Porte et oasis/photos©Thanna
12 juin 2006
Les animaux du désert…
Dans le désert mauritanien, après des heures de pistes de sable, nous traversions des pistes de cailloux sous un soleil de plomb. Soudain, une halte forcée, crevaison et changement de roue…
Comme à mon habitude, j’en profitais pour m ‘isoler, me mettre à l’écart… Assise sur une pierre, je vis surgir un scorpion d’une taille impressionnante. Il était étonné, comme moi, et se figea quelques instants. Après un regard échangé, il reprit son chemin sans le dévier. Je l’observais sans ressentir aucune peur mais une jubilation d’avoir vu un scorpion…
D’une voix forte, je hélais un compagnon de voyage : « Viens voir mon scorpion ! »
La réparation était finie. Tous sont arrivés. « Mon scorpion » m’est apparu bien fragile parmi tous ces gaillards. Il s’était immobilisé comme pour une photo, pas une en vérité mais des dizaines, grand angle, gros plan, zoom… Je n’avais pas mon appareil photo, je n’y pensais même pas… Je me sentais mal à l’aise… « Mon scorpion » ne courait pas, ne s’enfuyait pas… Soudain, un des guides maures brandit une lourde pierre… Je bondis en hurlant NON !
Trop tard. Écrasé, pour toutes les bonnes raisons...
Ce que j’ai ressenti alors peut vous paraître une déraison, une illusion…
Ce que j’ai ressenti alors comme émotion, je la ressens encore aujourd’hui…
Coupable…
Coupable de la mort de ce scorpion, mort pour cause de réputation.
Mort pour ce qu’il aurait pu faire, pour ce qu’il pourrait faire !
Mort pour faute de représentation… de la mort…
Si cela était appliqué aux humains !?...
Avant de venir dans le désert, j’avais fait le vœu de rencontrer tous les animaux du désert…
Ce scorpion était venu à moi, pour moi… Un de mes amis, qui en était à sa vingtième traversée du désert, n’avait jamais vu un scorpion de cette taille, à ses pieds…
Ce jour-là, j’ai pris conscience que je galvaudais le don que j’ai reçu au berceau, le don de communion avec la nature, en particulier avec les animaux…
Quelques jours plus tard, j’étais à l’arrière des marcheurs, l’œil aux aguets, j’ai vu « mon serpent » se faufiler puis s’arrêter dans un mur de pierre, sa tête à ma hauteur. Nous nous sommes regardés sans appréhension puis nous avons repris chacun notre route…
J’ai vécu d’autres moments intenses et étranges… en lien avec les animaux, en lien avec la nature…
Je vous raconterai, une autre fois, comment une araignée m’a apprivoisée !...
Photo de « mon scorpion » prise par un compagnon de voyage
14 juin 2006
Le SCORPION... Animal Totem
De nombreux Africains évitent de prononcer son nom, car il est maléfique : le nommer ce serait déclencher des forces contre soi.
D’après une légende malienne, le scorpion dit :
« Je ne suis pas un esprit des éléments, point ne suis un démon. Je suis l’animal fatal à celui qui le frôle. J’ai deux cornes et une queue que je tortille en l’air. Mes cornes se nomment l’une la violence, l’autre la haine. Le stylet noir de ma queue s’appelle poinçon de la vengeance… »
Dans l’Egypte antique, le scorpion était consacré à la déesse Selket associée à la mort, compagne d’Isis au cours de ses pérégrinations. Les Egyptiens croyaient qu’il ne s’attaquait jamais aux femmes.
Dans la Grèce antique, il est l’instrument de la vengeance d’Artémis-Diane, vierge chasseresse éternellement jeune, qui est le type même de la « jeune fille farouche ». Offensée parce que Orion avait voulu la forcer à jouer au disque avec lui, et avait osé toucher son voile, Diane fit sortir de terre un scorpion qui piqua mortellement Orion au talon. Pour ce service, le scorpion fut placé au ciel et devint une constellation. Mais Diane, affligée d’avoir ôté la vie au bel Orion, obtint de Jupiter (Zeus) qu’il fut lui aussi placé au ciel, où il forme l’une des plus brillantes constellations. On dit en conséquence qu’Orion fuit constamment le scorpion. »
En raison de sa vie souterraine, le scorpion se rattache au serpent et symbolise le mystère. Il remplit une fonction purificatrice, car il absorbe les poisons de la terre, les forces négatives que le magicien transforme en forces positives.
Le scorpion représente l’être humain aux prises avec la mort, une mort qui mène à la réincarnation.
16 juin 2006
Les Gens du désert...
«Ils sont les derniers nomades de la Terre, toujours prêts à lever le camp pour aller plus loin, ailleurs, là où tombe la pluie, là où les appelle une nécessité millénaire et impérieuse. Ils sont liés au vent, au ciel, à la sécheresse. Leur temps est plus vrai, plus réel, il se calcule sur le mouvement des astres et les phases de la lune, non suivant des plans établis à l’avance. Leur espace n’a pas de limites, il loge dans leurs yeux, dans leur volonté d’aller au gré de leurs routes. Leur regard a développé une acuité qui leur permet de discerner le moindre changement des pierres ou du sable, et de découvrir de la diversité et de la beauté là ou les autres hommes ne ressentiraient que de l’ennui ou de la crainte.
Sans doute n’avons-nous compris qu’une part infime de ce que sont les Gens des nuages et n’avons-nous rien pu leur donner en échange. Mais d’eux, nous avons reçu un bien précieux, l’exemple d’hommes et de femmes qui vivent – pour combien de temps encore ? – leur liberté jusqu’à la perfection.»
Gens des nuages
Jemia et J.M.G. Le Clézio
Extrait
photos,chamelier,famille©thanna
19 juin 2006
La Danse des sept couleurs...
À la nuit des temps, au cœur du désert et de la nuit, se déroulait ce rite sacré.
La première danseuse était toute de rouge, vêtue. Sa bouche resplendissait comme un fruit défendu. Tous ses muscles et ses nerfs tendaient vers un paroxysme tels l’arc et la flèche. Le feu embrasait son corps. Le Prince du désert jaillit des noirceurs de la nuit. Il courba l’échine de la belle, écarta d’une main rageuse les tissus vaporeux et la posséda comme lorsqu’il montait à l’assaut contre un ennemi belliqueux.
Cette première danse avait la durée d’une flamme sous le vent.
La seconde danseuse était enveloppée de tissu orangé et de sensualité. Lorsqu’elle s’approcha du Prince, il ferma les yeux et s’enivra du parfum de sa peau ambrée. Il ouvrit les yeux, elle s’était enfouie. Il fouilla la nuit et la retrouva allongée, nue et offerte. Il savoura la moindre parcelle de ce corps qui lui rappela le goût du fruit juteux.
Tel un soleil en pleine nuit, le corps de la troisième danseuse irradiait de joie. Ses yeux pétillaient de malice. Sa danse était un jeu d’ombre et de lumière, ce qui agaça le Prince. La belle était rusée, mais à elle aussi il imposera sa loi. Une loi naturelle, elle serait à lui. Il la fixa à se brûler les yeux, l’attrapa par les cheveux et mordit ses lèvres. Le baiser était acidulé, il y puisa une nouvelle énergie.
La fraîcheur de la nuit arriva avec la quatrième danseuse. Ses gestes évoquaient le vent, ses mains jointes imploraient la pluie et ses vêtements avaient la couleur des oasis. Elle était une promesse de sensations inédites dans un lieu si aride. Elle devait être plus fraîche que la menthe, plus rafraîchissante que le thé. Le Prince retrouva sa vigueur, il poursuivit la belle dans les dunes en riant, la rattrapa et s’y désaltéra.
Quand lui apparut la cinquième danseuse, tout en elle évoquait le Nil bleu. Le Prince faisait un retour à la Source. Elle lui apportait limpidité et pureté. Seul son regard n’était pas voilé, il y vit son âme. Les formes de son corps dessinaient les berges où il aimerait se reposer. Il s’agenouilla devant elle et encercla ses jambes comme des roseaux au bord de l’eau. Les reins de la belle frémirent en cascade. Il plongea.
Le Prince entendit le frôlement des pas de danse sur le sable. Il suivit la cadence et en comprit la musique. Elle lui alla droit au cœur. Il avait déjà vécu tant de vies. Il y retrouva son âme perdue en chemin. Cela l’apaisa et donna un autre sens à sa vie. Il oublia son corps et son âme se para d’un voile indigo. Il se fondit dans la nuit pour rejoindre la sixième danseuse.
La nuit ouvrit son rideau d’étoffe violette et les étoiles se mirent à danser. Le spectacle était si grandiose que le Prince en perdit le souffle. Son âme aspirait à rejoindre les étoiles. Sirius, la septième danseuse, cligna de l’œil et l’invita à la rejoindre. Il lui fallait sauter le pas et laisser son corps ici-bas. Ce corps rassasié qui réclamait encore, il lui parla, lui demanda pardon et lui dit merci. Son corps le libéra de toute contrainte dans une dernière étreinte. Il s’envola vers Sirius et l’épousa.
texte©thanna
À toutes les amoureuses et à tous les amoureux, corps et âme…
22 juin 2006
L'hospitalité de soi...
Lorsque l’on se sent étranger à soi-même…
Lorsque la plus grande vulnérabilité, c’est soi-même, en soi…
De peur de son propre inconnu, de sa différence, on accueille autrui jusqu’à l’ultime danger de s’y perdre soi-même…
Étranger pour l’autre c’est un combat.
Étranger pour soi, c’est un conflit entre « moi et moi »…
Il faut dérouler l’écheveau pour comprendre ce qui se passe à l’autre extrémité de soi.
Il m’a été impossible pendant de nombreuses années de m’accueillir, de me donner une place, ma place, de me comprendre et de m’aimer.
L’hospitalité vis-à-vis d’autrui, bien que sincère, était faussée à la source.
Maintenant, je m’accorde l’hospitalité chaleureuse. Je me suis apprivoisée.
En écho aux textes d’Argile rouge, « Soi et l’autre» et « Étranger »…











